# Ce qu’est l’acouphène, et ce que disent les preuves sur son traitement

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Author: Roméo Gambino · Published: 2026-09-09 · Updated: 2026-09-09 · App: Tacet (https://romeoapps.app/fr/tacet/)

Un exposé clair sur les sifflements et bourdonnements d’oreille : causes, recommandations officielles, et traitements réellement étayés.

## Un symptôme, pas une maladie

L’acouphène est la perception d’un son sans source extérieure, le plus souvent un sifflement, un souffle ou un bourdonnement. C’est un symptôme plutôt qu’une maladie, et la revue publiée dans The Lancet en 2013 le décrit comme fréquent, généralement associé à une perte auditive plus ou moins marquée, et pénible seulement pour une minorité des personnes concernées. Ce dernier point compte : le même son est une curiosité de fond pour l’un et un fardeau quotidien pour l’autre, et ce qui change est surtout la réaction, pas le volume.


## Ce qui le provoque

L’association la plus fréquente est la perte auditive, y compris celle qui ne gêne pas la conversation ordinaire. L’exposition au bruit, les infections de l’oreille, le bouchon de cérumen, certains médicaments et les traumatismes de la tête ou du cou sont aussi des déclencheurs reconnus. Parfois l’acouphène est pulsatile, battant au rythme du cœur, ou unilatéral avec baisse d’audition : ces deux situations relèvent d’un avis médical et non de l’autogestion, et la recommandation de pratique clinique américaine les cite comme motifs d’orientation.


## Ce qui aide vraiment, par force de preuve

La thérapie cognitivo-comportementale a les preuves les plus solides : la revue Cochrane a trouvé qu’elle améliore la qualité de vie liée à l’acouphène et réduit la dépression et l’anxiété associées, sans modifier l’intensité du son lui-même. La thérapie sonore, c’est-à-dire les appareils ou générateurs qui ajoutent un fond sonore, est largement utilisée, et la revue Cochrane n’a pas trouvé de preuve solide qu’elle soit supérieure ou inférieure aux autres approches. Les aides auditives aident lorsqu’il existe une perte auditive associée, même si les données d’essais y sont minces.

Preuves des approches courantes de l’acouphène

| Approche | Ce que montrent les preuves |
| --- | --- |
| Thérapie cognitivo-comportementale | Améliore la qualité de vie liée à l’acouphène ; intensité inchangée |
| Thérapie sonore | Pas de preuve solide de supériorité ni d’infériorité |
| Aides auditives avec perte auditive | Usage courant ; données d’essais limitées |
| Médicament pour l’acouphène lui-même | Déconseillé en routine par la recommandation |
| Compléments alimentaires | Déconseillés en routine par la recommandation |


## Ce que les recommandations déconseillent

La recommandation américaine déconseille les médicaments en routine pour un acouphène gênant persistant : aucun antidépresseur, antiépileptique, anxiolytique ni injection intratympanique n’a démontré de bénéfice sur l’acouphène lui-même. Elle déconseille aussi les compléments alimentaires en routine, dont le ginkgo biloba, la mélatonine et le zinc. C’est un filtre utile face aux nombreux produits vendus à des personnes en détresse.


## Pourquoi l’habituation est l’objectif réaliste

La plupart des approches qui marchent agissent en changeant votre rapport au son plutôt qu’en le supprimant. C’est ce que les cliniciens appellent l’habituation : le cerveau apprend à cesser de traiter ce signal comme important, et il passe à l’arrière-plan comme le bruit de la rue après une semaine dans un nouvel appartement. C’est lent, ce n’est pas la même chose qu’ignorer, et c’est bien plus atteignable que le silence.


## Quand consulter

Prenez rendez-vous si l’acouphène est unilatéral, pulsatile, d’apparition soudaine, associé à une baisse d’audition ou à des vertiges, ou s’il perturbe assez votre sommeil ou votre humeur. Un test auditif est la première étape standard. Un acouphène présent depuis des années mérite tout de même un bilan une fois, et la recommandation européenne multidisciplinaire décrit comment l’évaluation et les soins par étapes sont censés se dérouler.


## Questions

### L’acouphène se guérit-il ?

Pour la plupart des gens, aucun traitement ne supprime le son. Ce qui est atteignable, c’est l’habituation, quand le cerveau cesse de traiter ce son comme important. La thérapie cognitivo-comportementale a les meilleures preuves pour réduire la détresse qu’il provoque.

### Les compléments comme le ginkgo aident-ils ?

La recommandation de pratique clinique américaine déconseille les compléments alimentaires en routine pour un acouphène gênant persistant, dont le ginkgo biloba, la mélatonine et le zinc.

### Quand faut-il consulter ?

S’il est unilatéral, pulsatile, soudain, ou accompagné d’une baisse d’audition ou de vertiges, et dès qu’il perturbe le sommeil ou l’humeur. Un test auditif est la première étape habituelle.

## Pour approfondir

- Baguley, McFerran & Hall (2013), Tinnitus, The Lancet — https://doi.org/10.1016/S0140-6736(13)60142-7
- Tunkel et al. (2014), Clinical Practice Guideline: Tinnitus, Otolaryngology–Head and Neck Surgery — https://doi.org/10.1177/0194599814545325
- Fuller et al. (2020), Cognitive behavioural therapy for tinnitus, Cochrane Database of Systematic Reviews — https://doi.org/10.1002/14651858.CD012614.pub2
- Sereda et al. (2018), Sound therapy (using amplification devices and/or sound generators) for tinnitus, Cochrane Database of Systematic Reviews — https://doi.org/10.1002/14651858.CD013094.pub2
- Cima et al. (2019), A multidisciplinary European guideline for tinnitus: diagnostics, assessment, and treatment, HNO — https://doi.org/10.1007/s00106-019-0633-7

